Après une laborieuse journée de vacances en famille lors de laquelle j’ai posé 5 fois chaque question pour avoir un début de réponses.
Je rame. Je m’épuise et je m’agace. Je respire. J’encaisse. Mais le soir, je suis énervée. Alors ça donne ça : je n’ai pas sommeil. Il s’endort comme une pierre fidèle à son habitude. Je tourne un peu. Il se réveille. Tentative de discussion.
– Tu as passé une bonne journée ?
– Oui.
– C’était comment ?
– Normal.
– Une note de 1 à 10 ?
– 5.
– J’insiste. Et il faudrait quoi pour avoir 6 ?
– Pas de réponse.
– Tu dors ?
– Non.
– Il faudrait quoi de plus dans ta journée pour qu’elle mérite 6 ou 7
– ?
– Tu dors ?
– Non.
– Tu veux que je te laisse dormir ?
– Je sais pas.
– Moi, je suis trop énervée pour dormir. Les journées en famille sont éprouvantes. Tous les moments de décisions sont pesants.
– …
– Tu dors ?
– Non.
– …
– Tu sais pourquoi c’est si difficile ?
– Pas vraiment.
– Quand on est en famille, on doit s’ajuster. Si je dois répéter plusieurs fois les questions, c’est usant.
– Tu as répété des questions ?
– Oui.
– À quel moment ?
– Pour savoir si tu venais ce matin, puis pour savoir ce que tu voulais faire avec Olivia. Puis en repartant… Je dois toujours répéter plusieurs fois les questions pour avoir une réponse.
Et alors, tout d’un coup, ya un truc qui se passe.
– Mais toi aussi, tu me fais attendre au café. Je vous ai attendu une demi-heure. Puis après, pendant les courses, dans la voiture ! Je me suis EM-MER-DE.
Je reste tranquille. Je savoure l’instant.
De l’émotion ! Des informations ! Du ressenti !
– Et tu penses que je pouvais savoir que tu t’emmerdais ?
– Évidemment. Comment tu pourrais ne pas le savoir ? C’est évident ! Comment tu pourrais ne pas le savoir ?
– Et comment je pourrais le savoir ?
– …
Maintenant on va pouvoir dormir !